Mon Premier Aquarium

Crevette Red Cherry : la fiche complète (et pourquoi c'est l'animal le plus facile de mes bacs)

Par Malo Publié le 31 juillet 2026 Lecture : 7 min
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La crevette Red Cherry (Neocaridina davidi) est, de tout ce qui vit dans mes quatre bacs, l'animal qui demande le moins et qui rend le plus : une touche de rouge vif permanente, un service de nettoyage du biofilm en continu, un comportement fascinant à observer — et une reproduction qui se fait toute seule, sans le moindre effort. C'est l'invertébré idéal du débutant, à trois conditions près : une eau sans cuivre, une acclimatation patiente, et des colocataires bien choisis. Voici la fiche complète, colonie vécue à l'appui.

Sommaire
  1. La fiche technique
  2. Le bac idéal (et l'acclimatation)
  3. La reproduction : automatique
  4. Cohabitation : avec qui ça marche
  5. Les 3 pièges qui tuent les crevettes
  6. Questions fréquentes

La fiche technique

2 à 3 cm à l'âge adulte, 1 à 2 ans d'espérance de vie, et une robustesse remarquable sur les paramètres : 20 à 25 °C en idéal (elle tolère de 18 à 26), pH de 6,5 à 7,8, GH de 6 à 12 — autrement dit, la même eau que les petits poissons de mon top débutant. Les femelles sont plus grandes et nettement plus colorées que les mâles, souvent translucides. Comptez un groupe de départ de 10 individus minimum : c'est un animal grégaire, et c'est la taille critique pour qu'une colonie démarre.

Une particularité à connaître pour ne pas paniquer : la mue. La crevette grandit en changeant d'exosquelette ; vous trouverez régulièrement des « fantômes » blancs translucides dans le bac. Ce ne sont pas des cadavres — laissez-les, les crevettes les mangent pour recycler les minéraux.

Le bac idéal (et l'acclimatation qui change tout)

Le décor rêvé d'une Red Cherry : un bac planté et mûr, avec de la mousse de Java, quelques racines, et du biofilm bien installé — c'est-à-dire un bac d'au moins deux ou trois mois après cyclage. Le volume importe peu (elles prospèrent dès 20 L), c'est la maturité qui compte : dans un bac neuf et stérile, elles n'ont rien à brouter.

L'arrivée, en revanche, est le moment délicat : les crevettes encaissent mal les changements brutaux de paramètres. L'acclimatation se fait au goutte-à-goutte : les crevettes dans un récipient avec leur eau de transport, et l'eau du bac qui s'y ajoute goutte à goutte pendant une bonne heure, jusqu'à tripler le volume initial. C'est lent, et c'est précisément ce qui fait la différence entre une colonie qui démarre et des pertes inexpliquées la première semaine.

Matériel testé / recommandé

Un kit d'acclimatation goutte-à-goutte (un simple tuyau d'air avec robinet de réglage, quelques euros) — pourquoi cet achat minuscule : régler un vrai goutte-à-goutte en pinçant un tuyau à la main pendant une heure est impraticable, donc on bâcle, et c'est l'acclimatation bâclée qui explique la majorité des morts de crevettes la première semaine. Le même kit resservira pour tous vos futurs arrivants fragiles.

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La reproduction : automatique (vraiment)

Vécu sur mes bacs

Mes Red Cherry vivent dans un de mes 60 L plantés, et leur reproduction est la chose la plus automatique de toute ma fishroom : je n'ai strictement rien fait, et on voit en permanence des bébés de quelques millimètres brouter sur la mousse et les vitres. Une femelle « grainée » — qui ventile ses œufs sous l'abdomen pendant environ un mois — est devenue un spectacle banal du bac. C'est la reproduction parfaite pour débuter : fascinante à observer, et zéro logistique.

Le mécanisme : pas de stade larvaire — les œufs, portés 3 à 4 semaines sous l'abdomen de la femelle, éclosent en crevettes miniatures complètement autonomes. Une colonie de 10 individus dans de bonnes conditions atteint plusieurs dizaines en six mois, puis se régule d'elle-même selon la nourriture disponible et les prédateurs présents. Contrairement aux guppys, aucune crise de surpopulation à gérer : la régulation naturelle suffit dans un bac communautaire.

Femelle crevette Red Cherry portant ses œufs sous l'abdomen sur de la mousse de Java
Une de mes femelles grainées : un mois de ventilation des œufs, puis des bébés autonomes — sans aucune intervention.

Cohabitation : avec qui ça marche

Vécu sur mes bacs

Chez moi, la cohabitation avec de petits poissons calmes fonctionne très bien : les adultes ne sont jamais inquiétés, et les bébés, malgré quelques prélèvements inévitables, sont assez nombreux et assez bien cachés dans les plantes pour que la colonie grossisse quand même. La clé, je l'ai constatée : la densité de plantation. Plus il y a de mousse et de recoins, plus le taux de survie des juvéniles monte.

La règle générale : tout poisson dont la bouche peut contenir une crevette finira par essayer. Les bons colocataires sont les espèces de mon top débutant — rasboras nains, tétras amande, Corydoras pygmaeus. Les mauvais : cichlidés même nains, gros tétras, et tout chasseur dédié. Le combattant est le cas « ça dépend » par excellence : le mien les a tolérées, mais c'est individu-dépendant, avec plan B obligatoire.

Les 3 pièges qui tuent les crevettes

Le cuivre. C'est LE poison des invertébrés, présent dans de nombreux médicaments pour poissons et certains engrais. Avant tout traitement dans un bac à crevettes, lisez la composition : « Cu » quelque part = crevettes condamnées. Les engrais pour plantes en contiennent des traces tolérables aux doses normales — une raison de plus de ne jamais surdoser (souvenez-vous de mon épisode d'engrais).

L'eau non conditionnée et les nitrites. Plus sensibles que les poissons à l'ammoniaque et aux nitrites, les crevettes sont les premières victimes d'un bac mal cyclé — c'est d'ailleurs pour ça qu'une colonie en forme est un excellent indicateur de santé du bac. Conditionneur systématique, et tests au moindre doute.

La suralimentation ciblée. Une colonie établie vit essentiellement du biofilm et des restes. Une pastille spéciale crevettes une à deux fois par semaine suffit largement en complément ; nourrir « pour elles » tous les jours pollue l'eau plus que ça ne les aide.

Groupe de crevettes Red Cherry adultes et juvéniles autour d'une pastille de nourriture
Jour de pastille : tout le monde à table, des doyennes aux bébés de la dernière portée.

Questions fréquentes

Combien de Red Cherry pour commencer ?

Une dizaine, pour garantir des deux sexes et lancer la dynamique de colonie. En acheter moins par économie est contre-productif : la colonie met des mois de plus à décoller.

Les Red Cherry nettoient-elles vraiment l'aquarium ?

Elles broutent en continu biofilm, algues tendres et restes de nourriture — une vraie aide d'entretien au quotidien. Mais ce ne sont pas des éboueuses miracles : elles ne remplacent ni le siphon ni les changements d'eau.

Pourquoi mes crevettes perdent-elles leur couleur ?

Stress (transport, paramètres instables, prédateur insistant) ou sélection : les juvéniles issus de colonie se déclinent du rouge vif au rosé pâle. Une eau stable et le retrait régulier des individus les plus pâles maintiennent une colonie bien rouge.

Une crevette blanche immobile au sol, c'est grave ?

Si elle est translucide, vide et légère : c'est une mue, parfaitement normale — laissez-la, elle sera recyclée. Une crevette morte est opaque, souvent rosée-orangée, et doit être retirée rapidement.

[PHOTO
MALO]

Malo — aquariophile depuis 7 ans, quatre bacs en eau (380 L, 120 L, 2 × 60 L). J'écris les guides que j'aurais voulu lire à mes débuts. En savoir plus sur mon parcours.